Un des motifs de consultation le plus fréquent reste l’apparition d’une douleur ponctuelle, qui souvent apparaît de façon progressive sans raisons évidentes ou sur un simple « faux-mouvement ». Notre posture nous permets de comprendre comment et pourquoi une douleur vient s’immiscer progressivement dans notre corps.

Il faut comprendre que le corps est une machine merveilleuse qui ne tend qu’à s’auto-réguler constamment. Chaque structure de votre corps a un rôle important à jouer dans cette régulation et le système musculaire possède un rôle majeur dans la mise en place de votre posture, reflet de ce que vous êtes, vivez et ressentez au quotidien.

Attardons-nous sur cette idée de posture pour bien comprendre pourquoi et comment une douleur peut apparaître sans mécanisme forcément violent. Car nous ne parlons pas de douleurs consécutives à accident de voiture.

La posture d’un homme reflète ses tensions les plus profondes. Ses émotions, son vécu, ses accidents et chirurgies entraînent des points d’encrage dans nos tissus et le corps doit s’adapter autour de ces points.

Comment? Simplement en réduisant la tension anormalement élevée qui entoure ces points d’ancrages, par notre système musculaire, induisant donc notre posture. En quelques sorte, nous nous adaptons autour de cette tension en vrille pour la diminuer tout en nous permettant de rester debout. Car si nous le faisions sans vriller, nous pencherions d’un côté et nous ne pourrions tenir debout (c’est le principe de la scoliose).

Pourquoi? Parce que notre corps répond à une loi simple : la survie de l’espèce, depuis toujours et comme toutes espèces vivantes. Alors votre corps aura vite fait de choisir entre :
– Sacrifier certains muscles entraînant une tension musculaire inconfortable.
ou :
– Garder une tension anormale sur un tissu plus important qui vous permet de vivre : vos organes par exemple.

Car une tension anormale sur un tissu signifie une pression déséquilibrée et donc un dysfonctionnement de toute la circulation jusqu’au niveau cellulaire de ce tissu, qui ne pourra alors plus remplir son rôle.

Le muscle s’adapte alors pour compenser une « lésion » plus importante. Votre corps s’adapte constamment sans vous laisser le choix, car il travaille de façon bien plus intelligente que nous, qui ne l’écoutons que trop peu.

Le problème posé maintenant, c’est que nous vivons des traumatismes quotidiens . Notre corps peut compenser une vieille entorse de cheville toute une vie en adaptant la posture de votre jambe, votre cuisse ou même jusqu’à votre bassin. Mais qu’en est-il de devoir adapter la position d’une jambe, puis de votre bassin suite à une chute sur votre genou, puis encore de votre bassin suite à une chirurgie, puis de votre mâchoire suite à une extraction dentaire puis… Si les muscles peuvent diminuer les pressions d’une partie du corps, ils ne peuvent pas s’adapter dans toutes les directions simultanément. Car le corps est composé de chaines musculaires complexes qui ont besoin d’une continuité et d’une harmonie des pieds à la tête.

Alors voilà, la douleur apparaît : un muscle était sollicité dans une position puis tiré dans une autre et cela depuis des années. Pourtant son rôle n’est pas de rester dans une position pendant des années, alors il s’épuise, devient moins « performant » et « réactif ». Vos muscles soutenant vos articulations et vos articulations nécessitant une rapport équilibré entre vos différents muscles pour « glisser » harmonieusement (donc sans frottements, inflammations et douleurs), vos articulations deviennent alors douloureuses.

Vous commencez à comprendre pourquoi la douleur ne se manifeste pas à la source de votre problème? Car justement la douleur n’est qu’un signal qui vous alerte qu’une zone a dépassé sa capacité de compensation et que le fait de la solliciter plus encore par de simples mouvements n’est même plus possible. Mais la « lésion primaire », celle qui a entraîné tous ces changements à la base, reste bien à l’abris car si votre corps peut souffrir pour cette « lésion primaire », c’est que cela en vaut la peine.

Le travail de l’ostéopathe n’est alors pas de travailler contre votre corps, de travailler une zone douloureuse car déjà trop sollicitée pour fournir un confort superficiel et ponctuel mais bien de comprendre pourquoi vous souffrez (par la recherche de la lésion primaire) et d’aider votre corps dans son dur travail quotidien d’auto-régulation.

Retournons sur ce fameux « faux-mouvement » du début : Le fait de faire un mouvement de façon répété n’est pas supposé entraîner la mise en place d’une douleur, sinon pourquoi auriez-vous pu faire ce mouvement mille fois auparavant ? Vous avez vieilli ? Vos muscles ne sont plus ce qu’ils étaient?

Oui, ils ne sont plus capables d’encaisser toutes les adaptations que vous lui demandez et l’âge, l’inactivité, la malnutrition sont forcément des facteurs aggravant la situation car vous ne donnez même plus les moyens à votre corps de vous aider.

Et en même temps.. Non. Comme nous l’avons vu auparavant, ce « faux-mouvement » n’était que la goutte d’eau de trop. Une de vos articulations était tiraillée de façon importante dans une position non-harmonieuse et cette fois vous avez ramassé quelque chose et vos muscles n’étaient plus capables de compenser une force mécanique supplémentaire.

Alors vous avez mal mais pourquoi? Qu’est-ce que votre corps s’obstine à compenser pour vous permettre de vivre même dans une posture inconfortable? Ces tensions reflètent vos émotions, vos traumatismes, votre activité et stress quotidien qui impacte les structures les plus profondes, importantes et vitales de votre corps. Alors laissez l’ostéopathie vous permettre d’aller mieux et comprendre pourquoi vous allez/avez mal, plutôt que de lui demander de vous aider à faire violence à votre corps – que vous n’écoutez peut-être pas assez.

La suite au prochain article, quelles sont ces structures que votre corps sauvegarde? Et pourquoi votre dos est-il majoritairement la victime de ces adaptations?

Florent VITURET Ostéopathe D.O. MROF

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